On dit « une île » comme si c’était une catégorie. Mais entre Santorin et les Lofoten, entre les Maldives et l’Islande, entre une île où l’on ne fait rien et une île où l’on marche huit heures par jour, il n’y a à peu près rien de commun sauf l’eau autour.
Préparer un voyage dans les îles, c’est d’abord choisir un tempérament. Voici une carte des îles du monde classées par ce qu’on vient y chercher — et ce qu’il faut savoir sur la contrainte qui les définit toutes : l’insularité.
Voyage dans les îles : la contrainte commune
Avant les tempéraments, une règle vaut pour toutes les îles du monde, et elle décide de beaucoup de choses.
- Le transport est un point de passage obligé : un ferry annulé pour cause de vent, un vol intérieur reporté, et toute la suite se décale.
- Ne placez jamais un vol international le lendemain d’un ferry. Gardez une nuit tampon. C’est la règle la plus importante de cet article.
- Tout coûte plus cher, parce que tout est importé — carburant, nourriture, matériaux.
- Les soins médicaux sont limités sur les petites îles, et une évacuation se compte en heures.
- La saison compte doublement : hors saison, les liaisons s’espacent ou s’arrêtent.

Les îles où l’on ne fait rien
C’est le tempérament le plus recherché, et celui qu’il faut assumer pleinement pour en profiter.
Les Maldives en sont la forme la plus aboutie : une île, un hôtel, un lagon, et rien à décider. C’est un voyage de repos absolu, cher, et magnifique — à condition d’aimer ne rien faire, parce qu’il n’y a littéralement rien d’autre à faire.
Dans un registre plus accessible : Maurice, les Seychelles, Turks-et-Caïcos, Aruba. Et pour le même besoin à moindre coût, les complexes de République dominicaine et de Cuba.
Les îles qu’on parcourt
Celles où l’intérieur vaut autant que la côte, et où l’on bouge.
- La Sicile et la Sardaigne, en Italie : deux mille cinq cents ans d’histoire, des montagnes, une cuisine à part.
- La Crète, en Grèce : gorges, villages de montagne, plages du sud, et l’une des meilleures tables de Méditerranée.
- Madère et les Açores, au Portugal : randonnée toute l’année, volcans, levadas.
- La Corse : le GR20, les plages, les villages perchés.
- Bali et Java, en Indonésie : rizières, temples, volcans.
- Le Sri Lanka : plantations de thé, parcs nationaux, sites bouddhiques, plages.

Les îles du Nord
Un tempérament radicalement différent : la beauté y est brute, le climat rude, et la contemplation remplace la baignade.
L’Islande, bien sûr. Les Lofoten, en Norvège, avec leurs pics qui tombent dans la mer. Les îles Féroé, encore peu fréquentées. L’Irlande et ses îles d’Aran. Les Hébrides et les Orcades, en Écosse. Le Groenland, pour les plus aventureux.
Au Québec, les Îles-de-la-Madeleine appartiennent pleinement à cette famille : dunes, falaises rouges, lagunes, vent — et une identité qui ne ressemble à rien d’autre au Canada.
Les îles des Cyclades, et comment ne pas se tromper
Les îles grecques souffrent d’une réputation uniforme alors qu’elles sont très différentes.
| Île | Tempérament | Pour qui |
|---|---|---|
| Santorin | Spectaculaire, très fréquentée, chère | Une ou deux nuits, pour la caldeira |
| Mykonos | Festive, mondaine, chère | Qui vient pour la nuit |
| Naxos | Grande, agricole, plages, montagne | Familles, séjours longs |
| Paros, Milos | Équilibrées, belles, encore vivables | Couples, premier voyage |
| Amorgos, Folégandros | Sauvages, calmes, escarpées | Marcheurs, amateurs de silence |
| Crète | Un pays en soi | Deux semaines, tous profils |
| Rhodes, Kos | Historiques, proches de la Turquie | Familles, culture |
Les Caraïbes, île par tempérament
- Cuba : la plus vaste et la plus dense culturellement. Varadero pour la plage, La Havane et Trinidad pour le reste.
- Jamaïque : montagnes, musique, rivières. Une île qui existe au-delà de ses complexes.
- République dominicaine : le meilleur rapport qualité-prix, et un intérieur montagneux ignoré.
- Sainte-Lucie et la Grenade : volcaniques, vertes, plus intimes.
- Aruba : au sud de la ceinture des ouragans, plus chère. La Barbade, en bordure, est moins souvent touchée.
- Guadeloupe et Martinique : francophones, avec une vraie vie locale.
- Porto Rico : aucune formalité pour un citoyen canadien, forêt tropicale et vieille ville espagnole.
Le Pacifique
La Polynésie française — Tahiti, Moorea, Bora Bora, les Tuamotu — reste la référence du lagon. C’est loin, c’est cher, et cela se justifie pour une occasion : voyage de noces, grand anniversaire.
Les Fidji offrent une alternative plus accessible, et les Philippines — Palawan, Siargao — donnent des paysages comparables à une fraction du prix.
Questions fréquentes
Quelle île grecque choisir ?
Naxos ou Paros pour un séjour, Santorin pour une ou deux nuits spectaculaires, Amorgos ou Folégandros pour le calme, la Crète pour deux semaines complètes.
Combien d’îles visiter dans un archipel ?
Deux, sur deux semaines. Chaque traversée coûte une demi-journée, et les ferries ne relient pas toutes les îles entre elles.
Faut-il prévoir une marge avant le vol de retour ?
Toujours. Ne placez jamais un vol international le lendemain d’un ferry : une traversée annulée pour cause de vent fait rater l’avion.
Les Maldives valent-elles leur prix ?
Pour un voyage de repos absolu, oui : une île, un hôtel, un lagon. À condition d’aimer ne rien faire, parce qu’il n’y a rien d’autre à faire.
Quelle île des Caraïbes pour voir autre chose que la plage ?
Cuba pour la densité culturelle, la Jamaïque pour les montagnes et la musique, la Guadeloupe et la Martinique pour une vraie vie locale francophone.
Les îles du Nord sont-elles accessibles en hiver ?
L’Islande et les Lofoten, oui, avec les aurores en prime. Les liaisons vers les îles plus petites s’espacent ou s’arrêtent hors saison.
Pourquoi tout coûte-t-il plus cher sur une île ?
Parce que tout est importé : carburant, nourriture, matériaux. C’est une constante insulaire, des Cyclades aux Îles-de-la-Madeleine.
Y a-t-il des soins médicaux sur les petites îles ?
Souvent limités, avec une évacuation qui se compte en heures. C’est un point à vérifier si vous voyagez avec une condition médicale.
