Six semaines à Puerto Vallarta, trois mois dans l’Algarve, l’hiver entier en Floride : à partir d’un mois, un voyage change de nature. On ne fait plus sa valise, on déménage un peu. Et l’on découvre des règles dont personne ne parle pour une semaine au soleil : celles de la RAMQ, de l’assureur, du pays d’accueil, et parfois du fisc.
Notre article Fuir l’hiver présente les grandes formules. Celui-ci s’attarde sur la plus longue, et sur tout ce qu’il faut régler avant de fermer la porte de la maison.
La RAMQ et ses 183 jours
Pour rester admissible à l’assurance maladie, une personne qui réside au Québec ne doit pas s’absenter 183 jours ou plus par année civile. Le calcul est plus souple qu’il n’y paraît : la RAMQ additionne les absences en excluant les séjours de moins de 21 jours ainsi que les jours de départ et de retour.
Une fois tous les sept ans, vous pouvez dépasser ce plafond sans perdre votre admissibilité : c’est l’année septennale, autorisée pour des raisons personnelles. Si vous prévoyez une absence prolongée, la RAMQ vous invite à vérifier si vous devez l’en informer avant de partir.
L’assurance, le vrai dossier
Les polices annuelles des cartes de crédit et de nombreuses assurances collectives limitent la durée de chaque séjour, souvent à quinze ou trente jours, et beaucoup cessent ou se réduisent à partir de soixante-cinq ans. Pour trois mois, il faut une police long séjour, avec un questionnaire médical rempli scrupuleusement.
Relisez la clause de stabilité : un changement de médication quelques semaines avant le départ peut exclure toute une catégorie de problèmes. Et demandez plusieurs soumissions, avec le même questionnaire : pour un même profil, les écarts entre assureurs sont considérables. Notre article sur le voyage après 65 ans détaille ces mécanismes.
Combien de temps chaque pays vous laisse rester
| Destination | Séjour touristique permis aux Canadiens | À savoir |
|---|---|---|
| États-Unis | Normalement jusqu’à six mois | Enregistrement obligatoire au-delà de 30 jours ; règle fiscale de présence substantielle |
| Mexique | Au plus 180 jours | L’agent décide de la durée à l’arrivée, sans prolongation possible sur place |
| Costa Rica | Au plus 180 jours | Billet de retour et preuve de fonds parfois exigés |
| République dominicaine | Jusqu’à 30 jours | Prolongation à demander avant l’expiration de la carte de touriste |
| Jamaïque | Généralement 90 jours | Durée accordée par l’agent d’immigration |
| Espagne, Portugal | 90 jours sur toute période de 180 jours dans l’espace Schengen | Au-delà, un visa national de séjour est nécessaire |
Deux points méritent qu’on s’y arrête. Aux États-Unis, les Canadiens qui restent plus de 30 jours doivent être enregistrés auprès des autorités américaines ; pour un voyageur arrivé par avion, le formulaire d’admission I-94 en tient généralement lieu, ce que l’on peut vérifier en ligne. Et le fisc américain applique un critère de présence substantielle, calculé sur trois ans : les hivernants réguliers doivent souvent produire le formulaire 8840 pour démontrer leurs liens plus étroits avec le Canada.
En Europe, le système d’entrée et de sortie de l’Union européenne enregistre désormais électroniquement chaque passage aux frontières de l’espace Schengen, ce qui rend le calcul des 90 jours automatique. L’autorisation de voyage ETIAS, annoncée depuis des années, n’est pas encore exigée : nous suivons son calendrier.

Où hiverner, selon votre tempérament
- La Floride : la solution la plus simple, communauté québécoise, soins de qualité ; c’est aussi là que l’assurance coûte le plus cher.
- La côte pacifique du Mexique : Puerto Vallarta et Mazatlán accueillent depuis longtemps des hivernants canadiens, avec un climat sec de décembre à avril et des vols directs de Montréal.
- Le Costa Rica, en particulier le Guanacaste, en pleine saison sèche l’hiver, pour qui aime la nature autant que la plage.
- Le sud de l’Europe : l’Algarve, la Costa del Sol ou Tenerife. Pas la chaleur des Caraïbes, mais la douceur, les villages et une vie culturelle. Tenerife, sous des latitudes subtropicales, reste la plus tempérée.
Le logement
À partir d’un mois, les tarifs mensuels changent la donne. Condos, appartements-hôtels et locations meublées se négocient au mois, souvent bien en dessous du prix de trente nuits à l’unité. Quelques questions à poser avant de signer : le contrat précise-t-il les charges et l’électricité, qui répond en cas de bris, et, en Europe, le logement est-il chauffé ? Dans le sud du Portugal et de l’Espagne, bien des maisons sont conçues pour l’été, et les soirées de janvier y sont fraîches.

La maison que vous laissez
- L’assurance habitation : la plupart des polices exigent qu’une maison inoccupée soit visitée régulièrement, et l’eau coupée dans certains cas. Lisez la clause d’inoccupation et prévenez votre assureur.
- Le déneigement et la visite : un voisin ou un proche qui passe chaque semaine, avec une clé et vos coordonnées.
- Le courrier et les factures : réacheminement postal, paiements préautorisés, procuration à une personne de confiance.
- Les médicaments : renouvelez vos ordonnances pour toute la durée du séjour, et gardez-les dans leur emballage d’origine avec une copie de la prescription.
Enfin, les billets : un aller-retour de trois mois se réserve comme les autres, mais un tarif modifiable vaut son prix si vous risquez d’écourter le séjour. Pour trouver le bon logement, le bon vol et l’assurance adaptée, un conseiller habitué des longs séjours vous fera gagner des semaines : décrivez votre projet.
Questions fréquentes
Combien de temps peut-on quitter le Québec sans perdre la RAMQ ?
Moins de 183 jours par année civile, en excluant les séjours de moins de 21 jours et les jours de départ et de retour. Une fois tous les sept ans, l’année septennale permet de dépasser ce plafond.
Combien de temps un Canadien peut-il rester au Mexique ?
Au plus 180 jours, mais c’est l’agent d’immigration qui fixe la durée à l’arrivée, sans prolongation possible sur place.
Combien de temps un Canadien peut-il rester en Floride ?
Normalement jusqu’à six mois. Au-delà de 30 jours, il faut être enregistré auprès des autorités américaines, et les séjours répétés peuvent avoir des conséquences fiscales.
Peut-on passer trois mois au Portugal ou en Espagne ?
Oui, dans la limite de 90 jours sur toute période de 180 jours dans l’espace Schengen. Au-delà, il faut un visa national de séjour.
Quelle assurance prendre pour un séjour de trois mois ?
Une assurance voyage long séjour, avec questionnaire médical. Les assurances des cartes de crédit couvrent rarement plus de quelques semaines par voyage.
