On croit qu’un désert est vide. C’est exactement l’inverse : c’est un endroit où l’on remarque tout, parce qu’il n’y a plus assez de choses pour se distraire. Une trace dans le sable, un changement de couleur à l’horizon, le bruit que fait le vent quand il tourne.
Les gens qui reviennent d’un voyage dans le désert en parlent différemment des autres voyages. Il s’y passe quelque chose qui tient au silence et à l’échelle — et qui ne se transmet pas par les photos.
Voici les grands déserts accessibles, ce qu’ils demandent, et comment y aller sans se tromper de formule.
Les grands déserts accessibles
Le Sahara marocain
Le plus accessible depuis le Québec, et le meilleur pour une première fois. Les dunes de Merzouga ou de M’Hamid, à une journée de route de Marrakech ou de Fès, avec une nuit en bivouac sous les étoiles.
Le Maroc permet de combiner le désert avec les médinas, l’Atlas et la côte dans un même voyage de deux semaines. C’est ce qui en fait la porte d’entrée idéale.
Saison : d’octobre à avril. En juillet-août, il fait quarante-cinq degrés et l’expérience devient une épreuve.
Le Wadi Rum jordanien
Un désert de grès rouge, de falaises et d’arches, très différent du Sahara : moins de dunes, plus de reliefs. La Jordanie permet de l’enchaîner avec Petra et la mer Morte en un voyage de dix jours remarquablement dense.
Les camps bédouins vont du bivouac simple à la bulle transparente pour dormir sous les étoiles. Saison : mars-mai et septembre-novembre.
Le Namib
Les dunes de Sossusvlei, en Namibie, comptent parmi les plus hautes du monde et prennent une couleur orange irréelle au lever du jour. Le désert descend jusqu’à l’océan, produisant la côte des Squelettes et ses brumes.
C’est le désert le plus photogénique de cette liste, et l’un des plus faciles à parcourir en autonomie : routes sûres, lodges espacés. Notre article sur les grandes routes détaille la conduite sur gravier.
L’Atacama
Au Chili, le désert le plus aride du monde : geysers, salars, lagunes couleur turquoise, flamants roses, et le ciel le plus clair de la planète — c’est là que sont installés les grands observatoires.
Attention à l’altitude : San Pedro est à deux mille quatre cents mètres, et les excursions montent au-delà de quatre mille. Notre article sur l’altitude s’applique pleinement.
Ailleurs
- Le désert blanc et le Sinaï, en Égypte.
- Le Rub al-Khali, entre Oman, les Émirats et l’Arabie saoudite : la plus grande étendue de sable continue du monde, accessible par l’oasis de Liwa, à trois heures d’Abou Dabi.
- Le Thar, en Inde : Jaisalmer et ses caravanes de chameaux.
- Le Gobi, en Mongolie : yourtes et steppes.
- Le salar d’Uyuni, en Bolivie : pas un désert de sable mais de sel, et l’un des paysages les plus étranges du monde.
- Les déserts américains : Mojave, vallée de la Mort, Monument Valley.

Voyage dans le désert : les formules
| Formule | Durée | Ce que ça donne |
|---|---|---|
| Excursion à la journée | 1 jour | Un aperçu ; on rate la nuit |
| Bivouac une nuit | 2 jours | Le minimum pour comprendre |
| Camp de luxe | 2 à 3 nuits | Confort, lit, salle de bain, même ciel |
| Randonnée chamelière | 3 à 7 jours | Le rythme ancien, marche et campement |
| Traversée en 4×4 | 4 à 10 jours | Distances, variété de paysages |
Ce qu’il faut savoir
- L’amplitude thermique est énorme : quarante degrés le jour, cinq la nuit. Emportez des vêtements chauds même en plein été — c’est l’erreur la plus fréquente.
- Le soleil est violent : chapeau, lunettes de catégorie 3 ou 4, écran solaire élevé, manches longues. Un vêtement couvrant protège mieux qu’une crème.
- Buvez trois à quatre litres par jour. On ne transpire pas visiblement dans l’air sec, ce qui fait oublier de boire.
- Le sable entre partout : protégez appareils photo et objectifs, et emportez un sac étanche.
- Il n’y a pas de réseau. Prévenez vos proches avant de partir en bivouac.
- La marche dans le sable est épuisante : comptez le double du temps habituel.

La question du dromadaire
Les caravanes chamelières font partie de la culture saharienne et l’animal y est un outil de travail, pas une attraction créée pour le tourisme. La distinction avec les éléphants d’Asie du Sud-Est est réelle.
Cela dit, les critères de base s’appliquent : animaux en bon état, pas de surcharge, pas de sessions ininterrompues sous le soleil de midi, et un opérateur qui les soigne. Un bon camp montre ses animaux sans qu’on ait à demander.
Le désert avec des enfants
Il fonctionne remarquablement bien à partir de six ou sept ans. Les dunes sont un terrain de jeu, le bivouac est une aventure, et le ciel étoilé impressionne à tout âge.
Trois ajustements : une seule nuit plutôt que trois, un camp avec des lits plutôt qu’un bivouac au sol, et une vigilance sur l’hydratation et le soleil, plus critique chez l’enfant que chez l’adulte.
Quand y aller
- Sahara marocain : octobre à avril.
- Wadi Rum : mars-mai, septembre-novembre.
- Namib : avril à octobre, la saison sèche.
- Atacama : toute l’année, avec des nuits froides en juin-août.
- Golfe et Émirats : novembre à mars uniquement.
- Uyuni : mai à novembre pour le sel sec, décembre à mars pour l’effet miroir après la pluie.
Questions fréquentes
Quel désert pour une première fois ?
Le Sahara marocain : le plus accessible depuis le Québec, et combinable avec les médinas, l’Atlas et la côte dans un même voyage.
Combien de nuits passer dans le désert ?
Au moins une, deux si possible. La première nuit se passe à s’étonner ; la seconde est celle dont on se souvient. Une excursion d’une journée donne le sable sans le silence.
Fait-il froid la nuit ?
Beaucoup. L’amplitude atteint couramment trente-cinq degrés entre le jour et la nuit. Emportez des vêtements chauds, même en été.
Le désert convient-il aux enfants ?
Très bien à partir de six ou sept ans, avec une seule nuit, un camp équipé de lits, et une vigilance accrue sur l’hydratation et le soleil.
Y a-t-il du réseau dans le désert ?
Généralement aucun. Prévenez vos proches avant de partir et ne comptez pas sur votre téléphone pour la navigation ou l’urgence.
Faut-il monter à dos de dromadaire ?
C’est un usage local ancien et l’animal y est un outil de travail. Vérifiez simplement son état, l’absence de surcharge et les pauses à l’ombre.
Combien d’eau faut-il boire ?
Trois à quatre litres par jour. L’air sec fait évaporer la transpiration immédiatement, ce qui trompe la sensation de soif.
Peut-on voir la Voie lactée ?
Oui, et c’est souvent le souvenir le plus fort du séjour. L’Atacama offre le ciel le plus pur du monde, mais tous les déserts sans pollution lumineuse donnent un spectacle comparable.
