Il existe des voyages où la route n’est pas le moyen d’aller quelque part : elle est le lieu. On ne va pas d’un point A à un point B — on parcourt une ligne, et ce qui compte est ce qui se passe entre les deux. C’est tout l’esprit du road trip.
La liberté de s’arrêter, de dormir là où on s’est arrêté, de changer d’avis devant un panneau : c’est un mode de voyage qui ne ressemble à aucun autre, et qui convient particulièrement à ceux qui détestent les programmes.
Voici les grandes routes qui valent le déplacement, ce qu’elles demandent, et ce qu’il faut vérifier avant de prendre le volant à l’étranger.
Les routes qui sont des voyages
La route circulaire d’Islande
Treize cents kilomètres autour de l’île, en huit à douze jours. Cascades, glaciers, plages noires, geysers, fjords, villages de pêcheurs. C’est probablement la route la plus dense en paysages spectaculaires au kilomètre parcouru.
À savoir : les pistes F de l’intérieur exigent un 4×4 et sont fermées jusqu’en juin ; le vent peut arracher une portière — c’est le sinistre le plus fréquent ; et l’assurance de carte de crédit exclut souvent les routes non revêtues. Notre article sur la location de voiture détaille ces vérifications.
L’Ouest américain
La boucle des parcs — Zion, Bryce, Arches, Canyonlands, Monument Valley, Grand Canyon — en deux ou trois semaines, au départ de Las Vegas ou de Salt Lake City. Des distances longues, des paysages qui changent tous les cent kilomètres, et une infrastructure faite pour la voiture.
La contrainte majeure : les hébergements dans et autour des parcs se réservent six à douze mois à l’avance pour l’été. Et plusieurs parcs imposent désormais une réservation d’entrée horodatée.
La Namibie
Deux mille kilomètres de pistes de gravier entre le désert du Namib, la côte des Squelettes et le parc d’Etosha. La Namibie est l’une des rares destinations africaines où l’autonomie en voiture est non seulement possible mais recommandée : routes sûres, faible densité, lodges espacés.
Cela demande un vrai 4×4, deux roues de secours, une conduite prudente sur gravier — les tonneaux sont la cause principale d’accident — et une assurance qui couvre explicitement les routes non revêtues.
L’Écosse du Nord
La North Coast 500, huit cents kilomètres autour des Highlands du Nord. Routes à voie unique avec passing places, châteaux, distilleries, plages désertes d’un blanc improbable. Le Royaume-Uni conduit à gauche : prévoyez une boîte automatique et une première journée courte.
La Nouvelle-Zélande
Deux îles, trois semaines, et une densité de paysages qui ne laisse pas de répit. La Nouvelle-Zélande est probablement le pays le mieux organisé au monde pour le voyage en van ou en camping-car, avec un réseau de campings et d’aires très développé.
Ailleurs
- La Garden Route, en Afrique du Sud : du Cap à Port Elizabeth, aujourd’hui Gqeberha, avec vignobles et réserves.
- La Carretera Austral, au Chili : mille deux cents kilomètres de Patagonie sauvage.
- La route des vins du Douro, au Portugal, et la Ruta 40 en Argentine.
- La Great Ocean Road, en Australie.
- Les Pouilles et la Sicile, en Italie : des routes secondaires, des villages, et la mer à gauche.
- La Gaspésie et la Côte-Nord, au Canada : la plus belle route d’Amérique du Nord est à six heures de Montréal.

Road trip : voiture, van ou camping-car ?
| Formule | Avantages | Limites |
|---|---|---|
| Voiture + hôtels | Confort, liberté, aucun souci logistique | Réservations à faire, coût plus élevé |
| Van aménagé | Liberté totale, coût réduit, s’arrêter où l’on veut | Confort limité, stationnement réglementé |
| Camping-car | Autonomie, confort, idéal en famille | Encombrant, cher à la location, consommation |
| Moto | Sensation incomparable | Bagages limités, météo, assurance souvent exclue |
Ce qu’il faut vérifier avant de partir
- Le permis international, exigé dans plusieurs pays et délivré uniquement au Canada avant le départ.
- La couverture de votre carte de crédit : pays admissible, type de véhicule, durée maximale, et surtout l’exclusion des routes non revêtues.
- La responsabilité civile, jamais couverte par une carte et toujours indispensable.
- Le passage de frontière, s’il est prévu : souvent interdit ou facturé, toujours à autoriser par écrit.
- Les vignettes et péages : Suisse, Autriche, République tchèque, Slovénie exigent une vignette achetée avant l’autoroute.
- Les zones réglementées : les ZTL italiennes produisent des amendes automatiques reçues six mois plus tard.
- Le sens de circulation et le type de boîte de vitesses.

Bien construire un road trip
- Boucle plutôt qu’aller-retour : on ne repasse pas par les mêmes endroits, et le retour au point de départ évite les frais d’abandon.
- Deux nuits minimum par étape dès que c’est possible : une nuit signifie arriver tard et repartir tôt.
- Le plus long trajet en début de voyage, quand on est reposé.
- Une journée sans route tous les trois ou quatre jours.
- Les réservations pour les nuits contraintes — parcs, saison haute, lieux isolés — et de la souplesse ailleurs.
- Le plein le soir plutôt que le matin : dans beaucoup de régions, les stations ouvrent tard.
La conduite à l’étranger
Les accidents de la route sont la première cause de blessure grave chez les voyageurs, loin devant tout le reste. Quelques règles réduisent l’essentiel du risque.
- Pas de conduite de nuit sur les routes secondaires en Afrique, en Amérique latine et en Asie du Sud : animaux, véhicules sans phares, nids-de-poule invisibles.
- La ceinture, à l’arrière aussi.
- Sur gravier, réduisez nettement : la perte d’adhérence est brutale et les tonneaux fréquents.
- Première journée courte quand on conduit à gauche ou dans un pays au style de conduite très différent.
- Un chauffeur plutôt qu’une location là où la conduite locale demande des réflexes qui ne s’acquièrent pas en une semaine — Inde, Maroc, Vietnam.
Le road trip avec des enfants
Le voyage en voiture est l’une des meilleures formules familiales : on emporte ce qu’on veut, on s’arrête quand il le faut, et les siestes se font en roulant.
Trois ajustements : des étapes plus courtes — cent cinquante kilomètres maximum —, un arrêt toutes les deux heures avec quelque chose à faire, et l’acceptation que la destination du jour compte moins que l’aire de jeux trouvée en chemin.
Questions fréquentes
Quelle est la plus belle route à faire en voiture ?
La route circulaire d’Islande revient le plus souvent, pour sa densité de paysages au kilomètre. L’Ouest américain et la Namibie suivent de près, dans des registres très différents.
Combien de kilomètres par jour ?
Deux cents au maximum sur une route de voyage, moins sur du gravier ou en montagne. Au-delà, on ne s’arrête plus et l’intérêt disparaît.
Faut-il un 4×4 en Islande ?
Indispensable pour les pistes F de l’intérieur, où il est légalement obligatoire. Inutile pour la route circulaire en été. Vérifiez surtout l’exclusion des routes non revêtues dans votre assurance.
Van ou voiture avec hôtels ?
Le van gagne en Nouvelle-Zélande, en Islande et en Écosse, où le réseau de campings est développé. La voiture avec hôtels gagne partout où les nuits sont froides ou les campings rares.
Peut-on passer une frontière avec une voiture de location ?
Parfois interdit, souvent facturé, et toujours à faire autoriser par écrit avant le départ. C’est un point décisif pour un circuit en Europe centrale ou en Afrique australe.
Qu’est-ce qu’une ZTL ?
Une zone à trafic limité dans les centres historiques italiens. Y entrer sans autorisation déclenche une amende automatique par caméra, reçue des mois plus tard et majorée par le loueur.
Faut-il réserver les hébergements à l’avance ?
Pour les nuits contraintes — parcs nationaux, haute saison, lieux isolés — oui, six à douze mois avant. Ailleurs, gardez de la souplesse : c’est l’intérêt de la formule.
Le voyage en voiture convient-il aux familles ?
Très bien, avec des étapes de cent cinquante kilomètres maximum, un arrêt toutes les deux heures, et l’acceptation que l’aire de jeux trouvée en chemin compte autant que la destination.
