Un vol pour Fort Lauderdale, une correspondance à Atlanta vers Cancún, un aller-retour à New York : à partir du 3 novembre, chacun de ces trajets demandera une formalité de plus. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), l’autorité sanitaire américaine, exigeront de tous les passagers aériens qui se rendent aux États-Unis une attestation signée liée à l’épidémie d’Ebola. Chacun devra y déclarer qu’il n’a pas séjourné en République démocratique du Congo (RDC) au cours des 21 jours précédant l’embarquement.
Cette attestation Ebola vise toutes les nationalités, y compris les Canadiens, les citoyens américains et les résidents permanents. Elle vaut aussi pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds en Afrique. Pour la très grande majorité des voyageurs québécois, il s’agira donc de cocher une case et de signer. Mais la compagnie aérienne a l’obligation de refuser l’embarquement à quiconque ne l’aura pas fait.
Ce que dit l’ordonnance Ebola du 22 octobre
L’ordonnance des CDC, signée le 22 octobre, s’applique aux vols qui décollent d’un pays étranger à destination des États-Unis à partir du 3 novembre à 23 h 59, heure de l’Est. Comme le Québec sera revenu à l’heure normale le 1er novembre, c’est aussi l’heure de Montréal. Elle restera en vigueur jusqu’au 18 décembre 2026 au plus tard, à moins que les CDC ne la lèvent, la modifient ou la prolongent d’ici là selon l’évolution de l’épidémie.
Le formulaire Ebola des CDC tient en une page. Le passager y inscrit son nom, coche l’une des deux options proposées, signe et date. Voici les points à retenir :
- Ce qu’on atteste : ne pas avoir été présent en RDC dans les 21 jours précédant le vol. Une escale dans un aéroport congolais compte, même sans quitter l’avion ; un simple survol, non ;
- Une attestation par personne : un seul formulaire ne peut pas couvrir une famille ou un groupe ;
- Les enfants : pour un passager de moins de 18 ans, un parent ou un adulte autorisé signe à sa place. Même chose pour une personne qu’un handicap empêche de signer ;
- Le format : papier ou numérique, avec une signature manuscrite, une signature électronique ou une case à cocher en ligne. Les CDC invitent les compagnies à l’intégrer à l’enregistrement sur leur site ou leur application ;
- La langue : le formulaire officiel n’existe pour l’instant qu’en anglais. Les CDC annoncent des traductions approuvées, et les compagnies peuvent proposer la leur.

Vol direct, correspondance, route : qui doit remplir l’attestation Ebola
L’obligation dépend du moyen de transport, pas de la nationalité ni de la destination finale. Elle s’applique aussi dans les aéroports canadiens dotés d’un précontrôle américain, comme Montréal-Trudeau, où l’on passe la douane des États-Unis avant de partir. Les cas les plus courants au départ du Québec :
| Votre trajet | Attestation exigée ? | Précision |
|---|---|---|
| Vol direct de Montréal ou de Québec vers une ville américaine | Oui | À remplir avant l’embarquement, au plus tard à la porte |
| Correspondance aux États-Unis vers le Mexique, les Caraïbes ou l’Amérique du Sud | Oui | Même si vous ne faites que transiter par l’aéroport américain |
| Vol de l’Europe ou d’ailleurs vers les États-Unis | Oui | La compagnie la demande à l’aéroport de départ étranger |
| Voiture, autocar ou train par la frontière terrestre | Non | L’ordonnance ne vise que le transport aérien |
| Arrivée en bateau, croisière comprise | Non | Les ports maritimes sont exclus |
| Vol depuis Porto Rico ou les îles Vierges américaines | Non | Ces territoires ne sont pas considérés comme des pays étrangers |
Les snowbirds qui descendent en Floride en voiture ne sont donc pas touchés par la règle sur Ebola. Ceux qui prennent l’avion, à l’aller comme au retour d’un séjour au Mexique avec escale américaine, devront signer à chaque vol à destination des États-Unis.
Pourquoi Washington resserre son contrôle
L’épidémie d’Ebola en cours est due au virus Bundibugyo, une forme rare d’Ebola pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué, rappelle Reuters. Selon les chiffres cités dans l’ordonnance, la RDC comptait au 18 octobre 9 455 cas confirmés et 4 561 décès, dans 66 zones de santé réparties sur huit provinces. Le foyer reste centré sur l’Ituri, dans l’est du pays. Le Kenya avait recensé huit cas au 19 octobre.
Les CDC précisent qu’aucun cas d’Ebola lié à cette épidémie n’a été signalé aux États-Unis. Ils jugent toutefois que la transmission non détectée en RDC justifie une mesure générale : selon l’ordonnance, environ 80 % des nouveaux cas confirmés dans l’Ituri ne sont liés à aucun contact connu. Depuis mai, les passagers qui avaient séjourné en RDC dans les trois semaines précédentes étaient déjà interdits de vol vers les États-Unis. L’attestation déplace la vérification vers la compagnie aérienne, au moment de l’embarquement.

Le Canada applique de son côté ses propres mesures frontalières contre Ebola, distinctes de la règle américaine. Elles visent les voyageurs qui reviennent de RDC, d’Ouganda ou du Soudan du Sud et restent en vigueur jusqu’au 27 novembre, comme nous l’expliquions dans notre article sur la quarantaine au retour d’Ouganda.
Préparer un vol vers les États-Unis en novembre
Pour un voyageur qui n’est pas allé en Afrique centrale, l’attestation Ebola prendra une minute. Le risque tient surtout à l’oubli ou à une procédure mal comprise le jour du départ.
- Surveillez l’enregistrement en ligne : c’est là que la plupart des compagnies devraient insérer l’attestation Ebola. Si votre vol part le 4 novembre ou plus tard, vérifiez qu’elle a bien été remplie pour chaque passager ;
- Comptez une étape de plus à l’aéroport si vous vous enregistrez au comptoir, surtout en famille, puisque chaque passager doit avoir son attestation ;
- Prévoyez la correspondance : un billet Montréal-Cancún via Houston ou Charlotte est visé, même si vous ne sortez pas de l’aéroport américain ;
- Gardez une copie si vous le souhaitez : ce n’est pas obligatoire, la compagnie conserve l’original pendant au moins 42 jours.
Les autres formalités ne changent pas : passeport valide, contrôle à la frontière et, le cas échéant, inspection des appareils électroniques, un point que nous avons abordé à propos de la fouille des téléphones. Notre page sur les États-Unis rassemble les repères utiles pour préparer le séjour.
Questions fréquentes
Je n’ai jamais été en Afrique. Dois-je quand même remplir l’attestation Ebola ?
Oui. Tous les passagers d’un vol vers les États-Unis doivent la signer, quelle que soit leur provenance. Vous cocherez simplement la case qui confirme que vous n’étiez pas en République démocratique du Congo dans les 21 jours précédant le vol.
L’attestation est-elle exigée pour un vol qui part avant le 3 novembre ?
Non. Elle vise les vols qui décollent à partir du 3 novembre à 23 h 59, heure de l’Est. L’ordonnance doit prendre fin le 18 décembre 2026 au plus tard, mais les CDC peuvent la prolonger ou la modifier.
Qui signe pour mes enfants ?
Un parent ou un autre adulte autorisé remplit une attestation distincte pour chaque passager de moins de 18 ans. Un seul formulaire ne peut pas couvrir toute la famille.
Faut-il une attestation pour entrer aux États-Unis en voiture ?
Non. L’ordonnance ne vise que le transport aérien. Les passages à la frontière terrestre et les arrivées par bateau, croisières comprises, ne sont pas concernés.
