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Alertes à la bombe : des vols déroutés en Europe, ce que cela change pour vos correspondances

Deux vagues de fausses alertes à la bombe ont visé des vols européens cette semaine, avec des déroutements et des fouilles de plusieurs heures. Ce que prévoit le règlement européen, et comment protéger une correspondance si vous partez du Québec.

Le hall des départs lumineux de l’aéroport d’Helsinki, avec ses panneaux d’affichage des vols et son plafond en bois

Pour la deuxième fois en quelques jours, des alertes à la bombe ont perturbé le ciel européen. Le jeudi 5 novembre, plus d’une douzaine de vols partis de Copenhague, Dublin, Helsinki, Madrid, Milan ou Varsovie ont été visés par des alertes à la bombe, selon l’Associated Press. Plusieurs ont été déroutés, certains escortés par des avions de chasse. Aucune fouille n’a permis de trouver d’explosif.

Ces vols relient des villes européennes entre elles, et aucun vol transatlantique n’a été cité. Mais c’est précisément sur ce type de trajet que voyagent beaucoup de Québécois une fois arrivés à Paris, à Rome ou à Madrid. Voici ce qui s’est passé, ce que prévoit le droit européen quand un avion est retenu après des alertes à la bombe, et comment éviter qu’un retard de quelques heures ne fasse rater la suite du voyage.

Deux vagues d’alertes à la bombe en une semaine

La série a commencé le lundi 2 novembre avec un vol de Wizz Air entre Londres et Sofia, dérouté vers Budapest sous l’escorte d’un chasseur hongrois. Le lendemain, d’autres alertes à la bombe ont touché des appareils de Ryanair, de LOT, de SAS et de Wizz Air. Les décomptes varient selon les médias, de quatre à sept vols. Jeudi, la deuxième vague d’alertes à la bombe a été plus large.

DateVolCe qui s’est passé
Lundi 2 novembreWizz Air, Londres–SofiaDérouté vers Budapest, escorté par un chasseur Gripen hongrois.
Mardi 3 novembreLOT, Londres–VarsovieAtterrissage imprévu à Varsovie-Modlin, où les opérations ont été suspendues un temps.
Mardi 3 novembreRyanair, quatre volsFouilles en Italie, en Espagne et en Bulgarie.
Jeudi 5 novembreAer Lingus EI402, Dublin–RomeDérouté vers la base militaire d’Évreux, en Normandie, sous escorte d’un avion de chasse français. 151 passagers et six membres d’équipage, tous sains et saufs.
Jeudi 5 novembreFinnair AY1761, Helsinki–RomeEscorté par l’armée de l’air italienne, posé à Rome vers 9 h 30. Rien trouvé à bord.
Jeudi 5 novembreAir Europa et Iberia, à MadridTrois alertes à la bombe reçues par courriel en 20 minutes. Appareils immobilisés ou ramenés au poste, passagers débarqués pendant l’inspection.
Jeudi 5 novembreLOT, Varsovie–ParisArrêté pendant le roulage. Le vol est reparti avec un autre appareil.
Sélection établie d’après la liste de Reuters et les dépêches de l’Associated Press du 5 novembre 2026. D’autres vols d’Aegean, d’easyJet, de Ryanair, d’Air Serbia et de LOT ont aussi été visés, ainsi que quatre avions fouillés à Prague.

Les passagers du vol d’Aer Lingus ont été interrogés et contrôlés par groupes de dix dans l’aéroport d’Évreux, selon le cabinet du premier ministre français, et l’avion était encore immobilisé plusieurs heures plus tard. C’est le scénario le plus lourd pour un voyageur : un atterrissage loin de sa destination, puis une longue attente avant de repartir.

Voyageurs et valises sous les grands panneaux des départs dans le hall lumineux de l’aéroport de Prague
Voyageurs sous les panneaux des départs de l’aéroport de Prague. Quatre avions visés par des alertes à la bombe s’y sont posés jeudi et ont été fouillés.

Qui est derrière ces alertes à la bombe ?

On ne le sait pas. La secrétaire britannique aux Transports, Heidi Alexander, parle de « canulars malveillants ». Le commissaire européen aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, a jugé « trop tôt » pour dire si les incidents sont liés. Il a ajouté que l’Union européenne n’avait pas encore d’information permettant de parler d’une cyberattaque, et qu’un mécanisme européen de partage de renseignements sur la sûreté aérienne avait été activé.

En Italie, l’alerte visant les vols Helsinki–Rome et Dublin–Rome est arrivée par courriel à l’aéroport et à d’autres entreprises de la plateforme, selon les Aéroports de Rome cités par l’AFP. Des médias italiens ont publié un message signé d’un groupuscule russe d’extrême droite, « l’État masculin ». L’AFP n’a pas pu confirmer qu’il en était l’auteur. Des enquêtes nationales sont en cours, et rien ne permet de dire si les alertes à la bombe vont continuer.

Le Colisée de Rome vu depuis les colonnes du Forum romain sous un ciel bleu, en Italie
Le Colisée vu depuis le Forum romain. Deux des vols visés jeudi, partis de Dublin et d’Helsinki, se rendaient à Rome.

Vol retardé par des alertes à la bombe : vos droits en Europe

Sur un vol au départ de l’Union européenne, ou opéré par une compagnie européenne vers l’Union, c’est le règlement européen 261/2004 qui s’applique. Le Règlement sur la protection des passagers aériens du Canada, lui, ne vise que les vols à destination, en provenance ou à l’intérieur du Canada. Un Rome–Madrid ou un Dublin–Rome relève donc des règles européennes, même si vous êtes parti de Montréal.

  • L’indemnité forfaitaire est peu probable. Le règlement 261/2004 cite les « risques liés à la sécurité » parmi les circonstances extraordinaires qui exonèrent la compagnie. Des alertes à la bombe prises au sérieux par les autorités entrent en général dans ce cas.
  • La prise en charge reste due. Quand le retard est long, la compagnie doit offrir gratuitement des repas et des rafraîchissements, et un hôtel avec le transport si une nuit d’attente s’impose. Gardez vos reçus si personne ne s’en occupe sur place.
  • Le réacheminement aussi. Si le vol est annulé, vous avez le choix entre le remboursement du billet et un nouveau vol vers votre destination.
  • Un déroutement n’est pas une arrivée. Si l’avion se pose ailleurs, c’est à la compagnie de vous amener à l’aéroport prévu.

Alertes à la bombe : avant un vol intra-européen ces prochains jours

Rien n’indique qu’il faille annuler un voyage en Europe. Les vols visés par les alertes à la bombe se sont tous posés sans incident, et la grande majorité du trafic a fonctionné normalement. Quelques précautions limitent toutefois les dégâts si votre avion fait partie des appareils retenus.

  • Installez l’application de la compagnie et activez les notifications : c’est souvent par là qu’arrive l’information sur un nouvel horaire ou un autre appareil.
  • Gardez médicaments, chargeur et un change dans le bagage de cabine. Après un déroutement, l’accès aux valises en soute peut prendre des heures.
  • Notez le numéro de vol, l’heure d’arrivée réelle et les noms des aéroports, au cas où vous feriez une réclamation plus tard.
  • Inscrivez-vous au service d’inscription des Canadiens à l’étranger, qui permet au gouvernement de vous joindre en cas d’urgence.

Notre article sur la panne du contrôle aérien en Italie revient sur une autre perturbation récente du ciel italien, et celui sur l’indemnisation d’un vol annulé détaille les démarches de réclamation. Si vous préparez un séjour, notre page sur l’Italie rassemble l’essentiel.

Questions fréquentes

Des vols au départ de Montréal sont-ils touchés par les alertes à la bombe ?

Aucun vol transatlantique n’a été cité dans les dépêches du 2 au 5 novembre 2026. Les alertes à la bombe visaient des vols entre villes européennes, exploités notamment par Aer Lingus, Finnair, LOT, Ryanair, SAS, Wizz Air, Air Europa et Iberia.

Ai-je droit à une indemnité si mon vol est retardé par des alertes à la bombe ?

Probablement pas l’indemnité forfaitaire du règlement européen 261/2004, qui exclut les retards dus à des risques liés à la sécurité. La compagnie doit toutefois fournir repas, rafraîchissements et, si nécessaire, un hôtel pendant l’attente, et vous réacheminer ou vous rembourser si le vol est annulé.

Que se passe-t-il si je rate mon vol de retour vers le Québec ?

Tout dépend du billet. Si les deux vols sont sur la même réservation, la compagnie doit vous replacer sur un autre vol. S’ils sont sur deux billets séparés, la seconde compagnie n’a pas d’obligation, et seule votre assurance voyage peut éventuellement couvrir les frais, selon votre police.

Faut-il éviter de voyager en Europe en ce moment ?

Rien ne l’indique. Aucune fouille n’a trouvé d’explosif, les avions visés se sont posés sans incident et la grande majorité des vols fonctionne normalement. Mieux vaut simplement prévoir de la marge entre deux vols et suivre les avis de votre compagnie.

Sources

Informations vérifiées le 6 novembre 2026. Les règles changent : consultez toujours la source officielle avant de réserver.

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