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Sanctions américaines contre Cuba : un Canadien peut-il encore y aller ?

Washington a durci ses sanctions contre Cuba, au point de chasser les grandes chaînes hôtelières. Pour un voyageur canadien, rien n’est interdit. Mais la double nationalité, la résidence permanente ou une carte verte américaine changent la donne. Les cas à connaître.

Voiture américaine d’époque turquoise roulant sur le Malecón sous un ciel ensoleillé, La Havane, Cuba

Depuis le printemps, Washington multiplie les sanctions contre Cuba : le conglomérat militaire GAESA en mai, le ministère cubain du Tourisme en juillet. Assez pour que Blue Diamond, Iberostar, Meliá et Barceló quittent l’île. Une question revient donc : un Québécois a-t-il encore le droit d’y aller ?

La réponse courte est oui. La réponse complète tient en quelques situations particulières, qui méritent, elles, toute votre attention.

Qui les sanctions contre Cuba visent réellement

Les sanctions américaines touchent deux cercles. Le premier est ancien : les « personnes américaines », c’est-à-dire les citoyens des États-Unis et les titulaires d’une carte verte, où qu’ils vivent. Le tourisme à Cuba leur est interdit ; seules douze catégories de voyages restent permises, comme les visites familiales ou le journalisme.

Le second cercle s’est élargi cette année. Un décret du 1er mai 2026 expose à des sanctions dites secondaires les entreprises étrangères qui font affaire avec GAESA, puis, depuis le 13 juillet, avec le ministère cubain du Tourisme. Ce sont ces entreprises que Washington cherche à dissuader, pas leurs clients.

Un touriste canadien n’appartient à aucun de ces deux cercles. Aucune loi canadienne ne vous interdit de séjourner à Cuba, ni de dormir dans un hôtel d’État.

Ce que prévoit la loi canadienne

Ottawa s’est même prémuni contre l’effet inverse. Depuis 1992, un décret pris en vertu de la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères interdit aux entreprises canadiennes, ainsi qu’à leurs dirigeants et employés, de se conformer aux mesures américaines qui visent le commerce entre le Canada et Cuba.

Cela n’a pas empêché Blue Diamond, un groupe canadien, de quitter l’île en mai. Pour le voyageur, la conséquence est simple : c’est l’offre qui se réduit, pas le droit de partir.

Cienfuegos, Cuba
Cienfuegos : aucune loi canadienne n’interdit d’y séjourner, pas plus qu’ailleurs à Cuba.

Les situations qui demandent de la prudence

La difficulté ne vient pas de Cuba, mais des États-Unis. Depuis que Cuba figure sur la liste américaine des États soutenant le terrorisme, le 12 janvier 2021, un séjour sur l’île ferme l’accès à l’ESTA, l’autorisation de voyage électronique utilisée par les ressortissants des pays exemptés de visa. Les citoyens canadiens n’en ont pas besoin, mais bien des Québécois sont concernés sans le savoir.

Votre situationCe que change un séjour à CubaÀ prévoir
Citoyen canadien, entrant aux États-Unis avec son passeport canadienRien du côté américain : les Canadiens n’utilisent pas l’ESTAConsulter l’avis aux voyageurs et vérifier son assurance
Double nationalité avec un pays exempté de visa (France, Belgique, Suisse…)Avec l’autre passeport et une ESTA, l’accès aux États-Unis se fermeEntrer aux États-Unis avec le passeport canadien
Résident permanent du Canada ressortissant d’un pays exempté de visa (un Français installé au Québec, par exemple)Plus d’ESTA possible après un séjour à CubaDemander un visa américain avant le prochain voyage aux États-Unis
Citoyen américain ou titulaire d’une carte verte, même installé au QuébecLe tourisme à Cuba est interdit par la loi américaineS’en tenir aux douze catégories de voyages autorisées
Les règles d’entrée aux États-Unis relèvent du service américain des douanes et de la protection des frontières (CBP), seul à faire foi.

Les vrais obstacles sont ailleurs

Si rien ne vous interdit Cuba, tout vous en décourage pour l’instant. Le gouvernement du Canada recommande d’éviter tout voyage non essentiel sur l’île, à cause des pénuries de carburant, d’électricité, d’eau, de nourriture et de médicaments. Cet avis repose sur la situation sur place, pas sur les sanctions américaines, et il pèse sur votre assurance voyage.

S’y ajoutent l’absence de vols directs au départ du Canada, détaillée dans notre point sur les vols, et des cartes Visa et Mastercard refusées sur l’île depuis le 6 juin. Et si vous aviez déjà réservé, notre article que faire si votre hôtel a changé de gestionnaire fait le tour de vos recours.

La plage de Varadero, Cuba
Varadero reste accessible aux Canadiens en droit ; en pratique, les vols et l’avis gouvernemental décident.

Questions fréquentes

Est-il illégal pour un Canadien d’aller à Cuba ?

Non. Aucune loi canadienne ne l’interdit, et les sanctions américaines visent les entreprises et les personnes américaines, pas les touristes canadiens.

Un séjour à Cuba m’empêchera-t-il d’entrer aux États-Unis ?

Pas si vous êtes citoyen canadien et entrez avec votre passeport canadien : vous n’avez pas besoin d’ESTA. Si vous voyagez avec une ESTA, sous un autre passeport, un séjour à Cuba depuis le 12 janvier 2021 vous oblige à demander un visa américain.

Peut-on séjourner dans un hôtel d’État à Cuba ?

Oui, rien ne l’interdit à un Canadien. Depuis le départ des chaînes étrangères, c’est d’ailleurs le cas de tous les grands complexes de l’île.

Un Américain qui vit au Québec peut-il passer ses vacances à Cuba ?

Pas pour du tourisme : la loi américaine s’applique à ses citoyens et aux titulaires d’une carte verte, où qu’ils vivent. Seules douze catégories de voyages sont autorisées.

Pourquoi Ottawa déconseille-t-il Cuba si les sanctions ne visent pas les Canadiens ?

Pour des raisons de sécurité et de santé : pénuries de carburant, d’électricité, d’eau, de nourriture et de médicaments. L’avis se fonde sur la situation sur place, pas sur les sanctions américaines.

Sources

Informations vérifiées le 26 septembre 2026. Les règles changent : consultez toujours la source officielle avant de réserver.

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