Pendant trente ans, réserver Cuba au départ du Québec voulait souvent dire choisir entre un Memories, un Iberostar ou un Meliá. Cet été, ces enseignes ont toutes quitté l’île. Blue Diamond a cessé ses activités le 30 mai, Iberostar a remis ses derniers hôtels le 20 juillet, Barceló a suivi le 22 et Meliá a mis fin à ses contrats le 24. Les hôtels à Cuba sont toujours là : ce sont leurs gestionnaires qui ont changé.
Pour la première fois depuis des décennies, aucune grande chaîne internationale ne gère plus un seul complexe sur l’île. Voici comment on en est arrivé là, qui tient désormais les clés, et ce que ça change si Varadero ou Cayo Coco faisaient partie de vos plans.
Pourquoi les chaînes ont quitté Cuba
Le déclencheur est américain. Un décret signé le 1er mai 2026 a visé GAESA, le conglomérat des forces armées cubaines qui possède, par sa filiale Gaviota, une grande partie du parc hôtelier. Les entreprises étrangères avaient jusqu’au 5 juin pour rompre avec lui, sous peine de sanctions. Le 13 juillet, Washington est allé plus loin en sanctionnant le ministère cubain du Tourisme lui-même, dont relèvent les autres chaînes d’État.
Pour des groupes qui ont des intérêts aux États-Unis, le risque dépassait désormais ce que rapportait un marché en chute libre : pénuries de carburant, d’électricité et de nourriture, hôtels à moitié vides, et plus aucun vol canadien depuis février.
| Groupe | Présence à Cuba | Sortie |
|---|---|---|
| Blue Diamond (Royalton, Memories, Starfish…) | Une soixantaine d’hôtels, plus de 11 000 chambres, surtout à Varadero | 30 mai 2026 |
| Iberostar | Douze hôtels de Gaviota rendus en juin, le reste de son parc ensuite | 20 juillet 2026 |
| Barceló | Deux hôtels à Varadero | 22 juillet 2026 |
| Meliá | 34 hôtels, après 36 ans de présence | 24 juillet 2026 |
Qui gère les hôtels à Cuba aujourd’hui
Les bâtiments n’ont jamais appartenu aux chaînes étrangères : elles en assuraient la gestion, sous contrat avec des propriétaires d’État. Ce sont ces propriétaires qui ont repris la main. Les anciens hôtels de Blue Diamond sont passés à Gaviota, la branche hôtelière de GAESA. Les autres relèvent de chaînes d’État comme Gran Caribe ou Cubanacán, rattachées au ministère du Tourisme.
Autrement dit, tous les grands complexes de l’île sont aujourd’hui exploités par l’État cubain, souvent sous de nouveaux noms. Le ministère du Tourisme assure qu’ils restent ouverts et que le service n’en souffre pas. Seules les casas particulares, ces chambres louées chez l’habitant, restent des entreprises privées.

Ce qui change pour vous
- Les standards de la marque : les normes que chaque chaîne imposait, de la literie aux restaurants à la carte, ne s’appliquent plus. Le personnel est souvent le même, mais l’approvisionnement reste le point faible de l’île.
- Les programmes de fidélité : les avantages Meliá, Iberostar ou Blue Diamond ne s’appliquent plus à ces hôtels.
- Les avis en ligne : un commentaire de 2025 décrit un hôtel géré par une autre équipe. Seuls les avis récents renseignent sur la situation actuelle.
- Les recours : en cas de problème, votre interlocuteur n’est plus un groupe international doté d’un service à la clientèle au Canada, mais une entreprise d’État. C’est une raison de plus de réserver auprès d’une agence titulaire d’un permis du Québec, qui vous ouvre le Fonds d’indemnisation.
Et les voyagistes canadiens ?
Pour l’instant, la question reste théorique : aucun transporteur canadien ne vole vers Cuba depuis février, comme le détaillait notre point sur les vols du 20 septembre. En août, le président du Groupe de Vacances Sunwing, Marek Andryszak, a d’ailleurs dit ne pas s’attendre à un retour cet hiver : « Les exploitants sont partis. Même en trouvant de nouveaux exploitants, il semble techniquement difficile d’imaginer que nous puissions reprendre en novembre ou en décembre. »
Les voyagistes réorientent donc leur clientèle. Sunwing dit voir ses réservations vers la République dominicaine bondir de 50 %, portées par Samaná et Puerto Plata. Ottawa, de son côté, recommande toujours d’éviter tout voyage non essentiel à Cuba.
Précision utile : les sanctions américaines visent les entreprises, pas les voyageurs canadiens. Séjourner dans un hôtel d’État cubain n’a rien d’illégal pour un Québécois, sauf quelques cas particuliers liés à la double nationalité ou à une carte verte. Le frein est ailleurs : pas de vols, un avis défavorable et des pénuries. Notre fiche Cuba tient compte de ces changements.

Questions fréquentes
Les hôtels Meliá et Iberostar de Cuba sont-ils fermés ?
Pas forcément. Les chaînes ont cessé de les gérer, mais la plupart des bâtiments restent ouverts sous gestion cubaine, souvent sous un autre nom. Certains complexes ont toutefois fermé temporairement, faute de clients.
Qui gère les hôtels à Cuba maintenant ?
Des entreprises d’État : Gaviota, filiale du conglomérat militaire GAESA, et des chaînes rattachées au ministère du Tourisme, comme Gran Caribe ou Cubanacán. Les casas particulares restent privées.
Pourquoi les chaînes hôtelières ont-elles quitté Cuba ?
Pour échapper aux sanctions américaines : un décret du 1er mai 2026 vise GAESA, et depuis le 13 juillet le ministère cubain du Tourisme.
Un Canadien peut-il séjourner dans un hôtel d’État cubain ?
Oui. Les sanctions américaines visent les entreprises qui font affaire avec ces sociétés, pas les voyageurs canadiens. Ottawa recommande toutefois d’éviter les voyages non essentiels à Cuba.
Quand pourra-t-on retourner à Cuba en tout-inclus ?
Personne ne peut le dire. Les transporteurs canadiens n’ont pas repris leurs vols, et Sunwing ne prévoit pas de retour cet hiver.
