Pas de grève pour l’instant à Montréal-Trudeau, mais le conflit se durcit. Le 30 octobre, de 9 h à 17 h, des agents de contrôle et des chefs de point de fouille ont manifesté aux abords de l’aéroport, pendant leurs pauses, selon Radio-Canada. Trois jours plus tôt, le Syndicat des Métallos annonçait qu’ils avaient rejeté à 74,7 % l’offre finale et globale de leur employeur, Garda.
Aucune date de grève n’est annoncée, et il faudra d’abord que le Conseil canadien des relations industrielles fixe les services essentiels à maintenir. Inutile de changer vos billets, donc, mais le dossier mérite d’être suivi si vous partez de Montréal cet hiver.
Où en est le conflit à Montréal-Trudeau
La section locale 9554 des Métallos représente environ 1200 personnes. Selon le syndicat, elles sont sans contrat de travail depuis avril 2025 et n’ont reçu aucune augmentation de salaire depuis mars 2024. Voici ce que l’on sait au lendemain de la manifestation.
| Élément | État au 31 octobre |
|---|---|
| Offre finale de Garda | Rejetée à 74,7 % |
| Manifestation du 30 octobre | Tenue aux abords de l’aéroport, pendant les pauses, selon le syndicat |
| Négociations | Pas rompues ; le syndicat demande leur reprise |
| Services essentiels | Décision attendue du Conseil canadien des relations industrielles |
| Préavis de grève | Aucun annoncé |
Chez Garda, on dit poursuivre les discussions et rester « déterminés à mener un dialogue constructif ». L’entreprise présente la sécurité et la réduction des perturbations à YUL comme sa priorité, d’après Noovo Info. Nicolas Lapierre, directeur québécois des Métallos, rappelle pour sa part que les membres n’ont pas été augmentés « depuis maintenant deux ans et demi ». Les comptes rendus que nous avons lus ne signalent aucune perturbation au contrôle pendant la manifestation.
Si vous partez de Québec, la situation est différente. Les Métallos et Garda y ont conclu le 20 octobre une entente de principe qui touche 208 agents à Jean-Lesage et 82 dans les aéroports régionaux, dont Bagotville, Val-d’Or, Sept-Îles et les Îles-de-la-Madeleine. Le comité de négociation en recommande l’approbation, et les assemblées de ratification doivent se tenir d’ici le début de novembre.

Une grève ne peut pas surprendre du jour au lendemain
Les agents de Montréal-Trudeau relèvent du Code canadien du travail, qui encadre le déclenchement d’une grève. Le syndicat doit notamment donner un préavis d’au moins 72 heures à l’employeur et en transmettre une copie au ministre. Lorsque le Conseil est saisi de la question des services à maintenir, il doit aussi avoir statué avant qu’une grève soit permise.
Autrement dit, les voyageurs de Montréal-Trudeau devraient disposer d’au moins trois jours pour réagir. Le niveau de service que le Conseil imposera reste la grande inconnue, et c’est de lui que dépendrait la longueur des files à Montréal-Trudeau. Toute prévision serait prématurée.
Vos droits si le contrôle ralentit votre vol à Montréal-Trudeau
Le Règlement sur la protection des passagers aériens classe un conflit de travail chez un fournisseur de services essentiels, « comme un aéroport », parmi les situations indépendantes de la volonté du transporteur. Si Garda et ses agents étaient assimilés à un tel fournisseur, la compagnie n’aurait pas d’indemnité à verser pour les inconvénients. Elle resterait tenue de vous informer et, en cas d’annulation ou de retard de trois heures ou plus, de proposer d’autres arrangements ou, dans certains cas, un remboursement.
Le texte vise les retards et les annulations de vol. Celui qui reste coincé dans la file pendant que son avion part à l’heure n’y trouve pas de protection évidente : il faudrait alors s’adresser sans tarder à la compagnie. Notre guide des droits des passagers aériens détaille les démarches.
Partir de Montréal-Trudeau d’ici la fin du conflit
Rien n’indique pour l’instant qu’il faille modifier vos plans. Quelques précautions ne coûtent toutefois presque rien :
- Consultez les temps d’attente à Montréal-Trudeau : l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien les publie en ligne ;
- Vérifiez vos coordonnées dans votre dossier de réservation, pour recevoir les avis de la compagnie ;
- Voyagez léger : un bagage de cabine bien préparé évite une deuxième fouille, ce qui compte davantage quand les files s’allongent ;
- Ménagez vos correspondances : un billet unique vous protège mieux que deux réservations séparées. Notre guide sur le temps à prévoir en correspondance donne des repères ;
- Gardez une solution de rechange en tête : selon votre destination, un départ d’une autre ville peut se défendre, comme l’explique notre comparatif Québec, Ottawa ou Montréal.

Questions fréquentes
Y a-t-il une grève en ce moment à Montréal-Trudeau ?
Non. Le 30 octobre, les syndiqués ont manifesté aux abords de l’aéroport pendant leurs pauses. Aucun arrêt de travail ni préavis de grève n’a été annoncé, et le Conseil canadien des relations industrielles doit d’abord se prononcer sur les services essentiels.
Le conflit touche-t-il l’aéroport de Québec ?
Pas directement. Une entente de principe a été conclue le 20 octobre pour les agents de Québec et des aéroports régionaux, sous réserve de leur vote de ratification.
Dois-je arriver plus tôt à Montréal-Trudeau ?
Nous n’avons trouvé aucune consigne particulière pour l’instant. Suivez les recommandations de votre compagnie et consultez les temps d’attente publiés en ligne avant de partir.
Puis-je me faire rembourser mon billet à cause de ce conflit ?
Pas pour le simple risque d’une grève. Le remboursement ou un autre vol entrent en jeu si votre vol est annulé ou retardé d’au moins trois heures, selon les règles propres à chaque situation.
Combien de temps à l’avance saurons-nous qu’une grève commence ?
Le Code canadien du travail impose au syndicat un préavis d’au moins 72 heures à l’employeur. La date serait donc connue quelques jours à l’avance, pourvu qu’elle soit rendue publique.
