Arrivée à l’aéroport de Bruxelles le 24 septembre à 7 h 15, une voyageuse américaine n’a atteint le guichet du contrôle des passeports qu’à 12 h 19. Son témoignage, relayé par le site spécialisé Air Journal, n’est pas isolé : des attentes de plusieurs heures ont aussi été signalées à Paris-Charles-de-Gaulle au printemps, ainsi qu’à Genève et à Zurich.
En cause, le système d’entrée et de sortie européen, l’EES, qui enregistre désormais les visages et les empreintes des voyageurs non européens. Les Canadiens y passent comme les autres, et c’est le premier passage qui prend le plus de temps.
L’EES en quelques mots
| Question | Réponse |
|---|---|
| Qui est concerné ? | Les ressortissants de pays hors de l’Union européenne qui viennent pour un court séjour, dont les Canadiens. Certains voyageurs en sont dispensés, notamment les titulaires d’un titre de séjour ou d’un visa de long séjour. |
| Où ? | Aux frontières extérieures des 29 pays de l’espace Schengen qui l’appliquent |
| Depuis quand ? | Déployé progressivement à partir du 12 octobre 2025, pleinement en service depuis le 10 avril 2026 |
| Que faut-il faire ? | Rien à l’avance : l’enregistrement se fait à la frontière, au guichet ou à une borne, avec photo du visage et, selon le cas, prise d’empreintes |
| Combien ça coûte ? | Rien. Ne payez aucun site qui prétend vous « inscrire à l’EES ». |
L’EES ne doit pas être confondu avec l’AVEI (ETIAS), l’autorisation de voyage payante que l’Europe exigera plus tard. Notre article sur l’AVEI fait le point sur son calendrier.

Pourquoi les files s’allongent
La création d’un dossier prend plus de temps qu’un simple coup de tampon, et les bornes ne sont pas toujours en service : à Bruxelles, la voyageuse dit n’en avoir vu aucune fonctionner. Les files se forment surtout quand plusieurs vols venant de l’extérieur de l’espace Schengen arrivent en même temps, ce qui est justement le cas des vols transatlantiques du matin.
Le règlement européen permettait jusqu’ici de suspendre temporairement la prise des données biométriques en cas d’attente excessive. Cette souplesse a pris fin le 6 septembre. Selon Air Journal, huit États membres et la Suisse (dont la France, l’Italie, l’Allemagne, le Portugal, la Belgique et les Pays-Bas) ont demandé à la Commission européenne de la prolonger. La Commission n’a pas confirmé de nouvelle période de souplesse ; elle évoque des « ajustements opérationnels » et un soutien de Frontex.
Comment s’organiser
- Repérez où a lieu le contrôle. Il se fait à votre premier aéroport dans l’espace Schengen. Sur un Montréal–Paris–Rome, c’est à Paris que vous ferez la file, et votre correspondance doit en tenir compte.
- Donnez-vous de la marge. Une correspondance serrée qui passait avant l’EES peut aujourd’hui sauter. Notre article sur les temps de correspondance donne des repères aéroport par aéroport.
- Préférez un billet unique. Si l’attente vous fait manquer le vol suivant, la compagnie vous réachemine. Avec deux billets séparés, le deuxième est perdu.
- Prévoyez de l’eau et de la patience en famille. Les enfants de moins de 12 ans sont dispensés d’empreintes, mais pas de la file.
- Au retour aussi. L’EES enregistre la sortie : arrivez à l’aéroport plus tôt que d’habitude pour un vol vers le Canada.

Questions fréquentes
Les Canadiens sont-ils concernés par l’EES ?
Oui. Comme les autres voyageurs hors Union européenne en court séjour, ils sont enregistrés à leur entrée et à leur sortie de l’espace Schengen.
Faut-il s’inscrire à l’EES avant de partir ?
Non. L’enregistrement se fait à la frontière et il est gratuit. Méfiez-vous des sites qui proposent de le faire contre paiement.
Combien de temps faut-il prévoir ?
Aucune durée officielle n’est garantie. Des attentes de plusieurs heures ont été signalées à Bruxelles et à Paris : prévoyez des correspondances et des transferts avec une bonne marge.
L’EES remplace-t-il l’AVEI (ETIAS) ?
Non. L’EES enregistre les passages à la frontière. L’AVEI est une autorisation de voyage distincte, payante, qui sera exigée plus tard.
