Venise fait payer l’entrée les jours de forte affluence. Le Machu Picchu impose des créneaux horaires et des circuits fixes. Amsterdam a interdit de nouveaux hôtels. Barcelone supprime des milliers de licences de location touristique.
Ce n’est plus un débat de colloque : le surtourisme produit désormais des règles concrètes que le voyageur rencontre au guichet. La bonne nouvelle, c’est que ces règles se planifient. La mauvaise, c’est qu’elles se planifient tôt.
Les mesures qu’on rencontre déjà
| Type de mesure | Où | Ce que ça change pour vous |
|---|---|---|
| Billets horodatés | Machu Picchu, Alhambra, Sagrada Família, Acropole, Offices | Réserver des semaines à l’avance |
| Quotas quotidiens | Machu Picchu, chemin de l’Inca, Komodo, gorilles | Réserver des mois à l’avance |
| Taxe d’entrée en ville | Venise, certains jours | Un supplément et une inscription |
| Taxes de séjour relevées | Amsterdam, Barcelone, Lisbonne, Paris, Rome | 2 à 15 € par personne et par nuit |
| Encadrement des locations | Barcelone, Amsterdam, New York, Lisbonne | Moins d’offre, annonces parfois illégales |
| Limitation des croisières | Venise, Dubrovnik, Santorin, Amsterdam | Escales déplacées ou plafonnées |
| Circuits obligatoires | Machu Picchu, certains parcs nationaux | Moins de liberté sur place |
Les destinations les plus touchées par le surtourisme
- Venise : taxe d’entrée certains jours, groupes limités, haut-parleurs interdits. La ville compte moins de cinquante mille habitants pour des millions de visiteurs annuels.
- Barcelone : suppression progressive des licences de location touristique, encadrement des groupes.
- Amsterdam : campagne de découragement de certains publics, interdiction de nouveaux hôtels, taxe de séjour parmi les plus élevées d’Europe.
- Santorin et Dubrovnik : plafonnement du nombre de croisiéristes débarquant par jour.
- Le Machu Picchu : créneaux horaires, circuits fixes, quota quotidien.
- Le mont Fuji : droit d’ascension, et nombre quotidien de grimpeurs plafonné sur le sentier le plus fréquenté.
- Les Cinque Terre : sentiers payants et parfois régulés.

Pourquoi la lutte contre le surtourisme est une bonne nouvelle
Il est tentant de voir ces mesures comme des contraintes. Elles sont surtout la condition pour que ces lieux restent visitables.
Un site à quota est un site où l’on entre à l’heure dite, sans file, avec de l’espace autour de soi. Le Machu Picchu avec créneaux est une bien meilleure expérience que le Machu Picchu saturé d’il y a quinze ans. De même, une ville qui limite les locations touristiques garde des habitants — et une ville sans habitants n’est plus intéressante à visiter.
Ce que vous pouvez faire
- Décaler la saison. Le levier le plus puissant, et celui qui améliore le voyage. Voyez notre article sur les saisons.
- Décaler l’heure. Les sites majeurs sont vides à l’ouverture et après dix-sept heures.
- Dormir sur place plutôt qu’en excursion à la journée : c’est ce qui laisse de l’argent à la ville et vous donne les heures calmes.
- Choisir la ville d’à côté : Padoue plutôt que Venise, Gérone plutôt que Barcelone, Naxos plutôt que Santorin.
- Limiter les groupes. Un guide privé ou un petit groupe pèse moins qu’un autocar de cinquante.
- Dépenser localement : hébergement indépendant, restaurants de quartier, artisans. Notre article sur le voyage avec une cause explique pourquoi c’est la forme d’aide la plus directe.

Les destinations qui échappent au surtourisme
Pour chaque lieu saturé, il existe un équivalent moins fréquenté qui offre souvent la même chose en mieux.
- Au lieu de Venise : Chioggia, Trévise, Ljubljana.
- Au lieu de Santorin : Milos, Folégandros, Amorgos.
- Au lieu de Dubrovnik : Kotor, Korčula, Trogir.
- Au lieu des Cinque Terre : la côte de Ligurie occidentale, les Pouilles.
- Au lieu de Barcelone : Valence, Bilbao, Porto.
- Au lieu du Machu Picchu seul : Choquequirao, Kuelap, la vallée de Cotahuasi.
- Au lieu de l’Islande en juillet : les fjords de l’Ouest, les îles Féroé.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le surtourisme ?
Une fréquentation qui dépasse ce qu’un lieu peut absorber sans dégrader la vie de ses habitants, son patrimoine ou l’expérience des visiteurs.
Faut-il payer pour entrer à Venise ?
Certains jours de forte affluence, une contribution d’accès s’applique aux visiteurs à la journée. Les règles et les dates évoluent : vérifiez avant de partir.
Quels sites imposent des quotas ?
Le Machu Picchu et le chemin de l’Inca, les permis de gorilles, certains parcs nationaux, et plusieurs grands musées par créneaux horaires.
Combien de temps à l’avance réserver ?
Six à douze mois pour les permis contingentés, quelques semaines à trois mois pour les créneaux horodatés — mais les premiers créneaux du matin partent bien avant.
Les quotas rendent-ils la visite moins agréable ?
L’inverse : on entre à l’heure dite, sans file, avec de l’espace autour de soi. C’est ce qui rend ces lieux encore visitables.
Que faire si tout est complet ?
Décaler la saison, ou choisir une alternative : Milos plutôt que Santorin, Kotor plutôt que Dubrovnik, Choquequirao plutôt que le Machu Picchu seul.
Les locations touristiques sont-elles légales partout ?
Non. Plusieurs villes les encadrent strictement et une annonce non conforme peut être annulée sans préavis. Vérifiez qu’un numéro d’enregistrement figure dans l’annonce.
Comment voyager de façon plus responsable ?
Décaler la saison, dormir sur place plutôt que visiter à la journée, préférer les petits groupes, et dépenser chez les hébergeurs, restaurants et artisans locaux.
Faut-il réserver les entrées avant les vols ?
Sur un site contingenté, oui : un billet d’avion se rachète, un créneau horaire épuisé ne se crée pas.
Les taxes d’accès concernent-elles tout le monde ?
Souvent seulement les visiteurs à la journée : dormir sur place en exempte fréquemment.
Comment éviter la foule sans changer de destination ?
Les premières et dernières heures d’ouverture, et un déplacement de vingt kilomètres : même région, même culture, sans la file.
