Cinq heures de vol depuis Montréal, quatre à cinq heures de décalage : un voyage en Islande commence vite, et l’on se retrouve dans un paysage qui ne ressemble à rien de connu : des champs de lave, des cascades qu’on entend avant de les voir, des glaciers qui descendent jusqu’à la route, et une lumière qui n’est jamais la même deux heures de suite.
L’Islande est la destination européenne la plus accessible depuis le Québec et l’une des plus spectaculaires du monde. Elle est aussi chère, et cela se prépare.
Quand y aller
| Période | Ce qu’on y trouve | Verdict |
|---|---|---|
| Juin – août | Soleil de minuit, tout est ouvert, macareux | Haute saison : cher et fréquenté |
| Mai et septembre | Routes dégagées, peu de monde, aurores en septembre | Le meilleur équilibre |
| Octobre | Aurores, prix bas, météo capricieuse | Excellent si l’on accepte le vent |
| Novembre – mars | Grottes de glace, aurores, 4 à 6 h de jour | Autre pays, autre voyage |
| Avril | Fin d’hiver, routes intérieures fermées | Transition |

Combien coûte un voyage en Islande
C’est la destination la plus chère de ce carnet, et il vaut mieux l’accepter d’emblée. Par personne et par jour, hébergement compris, hors vol :
- Modeste : 190 à 250 $ — guesthouse, supermarché, paysages gratuits.
- Confortable : 340 à 480 $ — hôtels, quelques restaurants, deux ou trois excursions.
- Sans compter : 900 $ et plus — lodges, hélicoptère, guides privés.
Bonne nouvelle : les paysages sont gratuits, l’eau du robinet est excellente — n’achetez jamais d’eau embouteillée — et un voyage en guesthouse avec courses au supermarché reste un très beau voyage.
L’itinéraire
Trois formats, selon le temps disponible.
- Quatre à cinq jours : Reykjavik, le cercle d’or, la côte sud jusqu’à Vík. Dense et faisable.
- Huit à douze jours : la route circulaire, treize cents kilomètres, dans le sens antihoraire pour garder le sud spectaculaire pour la fin. C’est le format idéal.
- Quatorze jours et plus : la route circulaire plus les fjords de l’Ouest ou la péninsule de Snæfellsnes, et les hautes terres en été.
Deux à trois nuits par base, jamais une. Notre article sur les grandes routes détaille la conduite et les assurances.

Formalités
L’Islande fait partie de l’espace Schengen. Un citoyen canadien n’a pas besoin de visa pour un séjour touristique de courte durée ; le passeport doit être valide au moins trois mois après la date de sortie prévue. Le système d’entrée et de sortie européen s’applique, et l’ETIAS s’ajoutera à terme — vérifiez son statut au moment de réserver.
Conduire ne demande pas de permis international : le permis québécois est accepté. Les conditions à jour figurent sur la fiche de l’Islande sur voyage.gc.ca.
Santé et sécurité
Aucun vaccin spécifique n’est requis. Le pays est parmi les plus sûrs du monde, et le risque principal est naturel : météo changeante, vagues sournoises sur les plages de sable noir — plusieurs décès s’y produisent —, routes glissantes, et zones géothermiques où l’on ne quitte jamais les passerelles.
Consultez chaque matin les alertes météo et l’état des routes sur les sites officiels islandais. C’est une habitude locale, pas une précaution excessive.
Pratique
- Monnaie : la couronne islandaise. Le pays est presque entièrement sans espèces : une carte suffit partout, y compris dans les toilettes publiques.
- Décalage : 3 à 4 heures d’avance sur le Québec.
- Vêtements : trois couches, imperméable coupe-vent obligatoire, bonnet et gants même en été.
- Piscines géothermiques : chaque village a la sienne, pour quelques dollars. On s’y lave nu avant d’entrer — c’est une règle, pas une suggestion.
- Essence : les stations sont espacées. Faites le plein à la moitié du réservoir, pas au quart.
- Alcool : vendu uniquement dans les magasins d’État, aux horaires restreints.
Les aurores boréales
Visibles de septembre à mars, par ciel dégagé et nuit noire. Aucune garantie n’existe : prévoyez au moins trois nuits hors des villes pour augmenter significativement les chances.
Le cycle solaire est actuellement à son maximum, ce qui rend les prochaines saisons exceptionnelles. Notre page voir les aurores explique où et quand.
Se déplacer : la voiture, et la météo qui décide
L’Islande se parcourt en voiture, sans alternative réelle. La route circulaire fait 1 330 kilomètres et se boucle en huit à dix jours sans se presser. Le vrai sujet n’est pas la distance : c’est le vent.
- Le quatre roues motrices n’est obligatoire que pour les pistes F, fermées l’hiver. Sur la route 1, une compacte suffit d’avril à octobre.
- L’assurance vent et gravier n’est pas un supplément superflu : une portière arrachée par une rafale est un sinistre fréquent et coûteux.
- Le site road.is donne l’état des routes en temps réel, et il fait autorité : consultez-le chaque matin.
- Les stations-service se raréfient dans les Fjords de l’Ouest et l’intérieur : faites le plein à la moitié du réservoir.
- En hiver, limitez-vous au Cercle d’or et à la côte sud : le tour complet devient un pari.
Combien prévoir, par personne et par jour
| Poste | Économique | Confortable |
|---|---|---|
| Hébergement | 110 à 170 $ | 250 à 450 $ |
| Repas | 55 à 80 $ | 120 à 180 $ |
| Voiture et carburant | 70 à 110 $ | 130 à 200 $ |
| Activités guidées | 0 à 60 $ | 150 à 300 $ |
Questions fréquentes
Quand partir en Islande ?
Mai et septembre offrent le meilleur équilibre : routes ouvertes, peu de monde, prix raisonnables, et les aurores redeviennent visibles en septembre.
Faut-il un 4×4 ?
Indispensable pour les pistes F de l’intérieur, où il est légalement obligatoire. Inutile pour la route circulaire en été. Vérifiez surtout l’exclusion des routes non revêtues dans votre assurance.
Combien de jours pour la route circulaire ?
Huit à douze, dans le sens antihoraire pour garder la côte sud spectaculaire pour la fin. Moins de huit jours devient une course.
L’Islande est-elle vraiment si chère ?
Oui, mais les paysages sont gratuits et l’eau du robinet est excellente. Un voyage en guesthouse avec courses au supermarché reste un très beau voyage.
Peut-on voir les aurores en été ?
Non : il ne fait pas assez nuit. La saison va de septembre à mars, et il faut un ciel dégagé et plusieurs nuits pour augmenter les chances.
Faut-il un permis international ?
Non, le permis québécois est accepté. Vérifiez en revanche ce que couvre l’assurance de votre carte de crédit, notamment pour le gravier et le vent.
Quel est le principal danger ?
Le vent, qui arrache les portières et déstabilise les véhicules, et les vagues sournoises des plages de sable noir. Consultez les alertes routières chaque matin.
Faut-il acheter de l’eau embouteillée ?
Jamais. L’eau du robinet islandaise est parmi les meilleures du monde. Emportez une gourde et remplissez-la partout.
Quelle assurance prendre pour la voiture ?
Vent et gravier, sans hésiter : ce sont les deux sinistres les plus fréquents, et ils ne sont pas couverts par défaut.
Peut-on faire le tour complet en hiver ?
C’est un pari. De novembre à mars, mieux vaut se concentrer sur le Cercle d’or et la côte sud, avec des journées courtes et des routes parfois fermées.
