Partir trois mois en Floride ou deux semaines au Mexique, c’est aussi laisser une maison seule face à l’hiver. Un sondage Léger réalisé pour TD Assurance et publié le 6 octobre montre que peu de Canadiens pensent à leur assurance habitation avant de partir : seulement 15 % vérifieraient ce que leur police exige pendant une absence, et 7 % préviendraient leur assureur.
Le décalage est net, car les départs sont nombreux. Selon le même sondage, 48 % des Canadiens comptent laisser leur résidence principale sans surveillance plus d’une journée cet automne ou cet hiver, et 81 % des propriétaires d’un chalet ou d’une résidence secondaire. Or, en saison de chauffage, les contrats d’assurance habitation fixent des conditions précises pour les maisons inoccupées. Ne pas les respecter peut faire refuser une réclamation.
Ce que révèle le sondage sur l’assurance habitation
Le sondage a été mené par le panel Léger Opinion du 23 au 28 septembre 2026, auprès de 1 505 adultes au Canada. Les répondants se disent confiants : 86 % estiment savoir préparer leur maison avant un départ. Ils pensent pourtant d’abord aux gestes concrets, bien avant leur contrat d’assurance habitation.
| Avant de laisser leur maison sans surveillance, les répondants… | Proportion |
|---|---|
| demanderaient à quelqu’un de passer vérifier | 53 % |
| feraient un dernier tour des lieux | 51 % |
| régleraient le thermostat | 49 % |
| vérifieraient ce que leur police exige pendant l’absence | 15 % |
| préviendraient leur assureur | 7 % |
Seuls 61 % des répondants disent connaître les exigences de leur police en cas d’absence, et un sur trois (33 %) se demande, avant de partir, si un manquement pourrait réduire sa couverture. « L’une des méprises les plus courantes est que la couverture demeure exactement la même, peu importe pendant combien de temps une résidence reste inoccupée », résume Lydia Roy, vice-présidente chez TD Assurance, citée par PAX Nouvelles.

Gel, pannes, vols : des problèmes bien réels
Les craintes ne sont pas théoriques. Parmi les Canadiens qui ont déjà laissé leur maison vide plus d’une journée, 25 % disent avoir connu un problème pendant leur absence : météo, électricité, plomberie ou sécurité. La proportion grimpe à 62 % chez les propriétaires d’une résidence secondaire. Ceux qui partiront cet hiver redoutent surtout les pannes de courant (32 %), les vols ou le vandalisme (29 %), le gel ou l’éclatement des tuyaux (26 %), les dommages causés par les tempêtes et les dégâts d’eau (25 % chacun).
L’inquiétude suit même les voyageurs au soleil : 38 % se disent anxieux de laisser leur propriété sans surveillance, et 26 % affirment que ces soucis les ont empêchés de profiter de leurs vacances. Un tuyau qui gèle en janvier dans une maison vide peut couler des jours avant que quelqu’un s’en aperçoive : c’est précisément le risque que les clauses d’absence de l’assurance habitation cherchent à limiter.
Les conditions d’absence de votre assurance habitation
Chaque assureur rédige ses propres règles d’assurance habitation, d’où l’importance de lire votre contrat plutôt que celui du voisin. Le principe, lui, est commun : « En période de chauffage, les assureurs précisent dans leurs polices habitation des précautions à prendre en cas d’absence d’un certain nombre de jours », expliquait le Bureau d’assurance du Canada au magazine Protégez-Vous. « Si ces engagements ne sont pas respectés et qu’un dommage survient, il sera exclu. » Dans votre police d’assurance habitation, cherchez notamment :
- le nombre de jours d’absence à partir duquel des précautions sont exigées, pendant la saison de chauffage ;
- la fréquence des visites d’une personne de confiance, qui varie d’un assureur à l’autre, et ce que cette personne doit vérifier (chauffage, fuites, neige sur le toit, accès déneigés) ;
- les consignes sur l’eau et le chauffage : certains contrats précisent ce qui est attendu pour la plomberie pendant une longue absence ;
- la date de renouvellement : s’il tombe pendant votre séjour, vérifiez avant de partir si une inspection est nécessaire.

Préparer la maison, puis l’assurance voyage
CAA-Québec recommande, toujours dans Protégez-Vous, de fermer la valve principale d’entrée d’eau, de purger les tuyaux, de couper le disjoncteur du chauffe-eau et de le vider, puis de maintenir la maison entre 10 et 15 °C. Débrancher les appareils électroniques et fermer l’arrivée d’eau du réfrigérateur limitent aussi les dégâts possibles. Côté sécurité, faites ramasser ou réacheminer le courrier, programmez des lumières et n’annoncez pas votre départ sur les réseaux sociaux.
L’assurance habitation protège la maison, pas le voyageur. Pour un séjour de plusieurs semaines, la question de l’assurance voyage se pose aussi, surtout après 65 ans : notre article Voyager après 65 ans et notre guide pour passer l’hiver au Sud listent les démarches à régler avant un départ d’un à trois mois.
Questions fréquentes
Mon assurance habitation me couvre-t-elle si je pars tout l’hiver ?
Oui, en général, à condition de respecter les conditions d’absence prévues au contrat. En saison de chauffage, les assureurs exigent souvent des visites régulières d’une personne de confiance au-delà d’un certain nombre de jours. Si ces conditions ne sont pas respectées, un dommage comme un dégât d’eau peut être exclu.
Faut-il prévenir son assureur avant un voyage ?
Ce n’est pas toujours obligatoire, mais c’est prudent. Le Bureau d’assurance du Canada conseille de lui donner les coordonnées de la personne qui visitera la maison et les vôtres pendant le séjour. Selon le sondage Léger pour TD Assurance, seulement 7 % des Canadiens le font.
À quelle fréquence quelqu’un doit-il visiter la maison ?
Cela dépend de votre assureur : la fréquence varie d’un contrat à l’autre. Lisez la clause sur l’inoccupation de votre police d’assurance habitation ou demandez-la par écrit à votre assureur avant de partir.
À quelle température laisser la maison pendant l’absence ?
CAA-Québec recommande de maintenir un logement inoccupé entre 10 et 15 °C pour éviter les problèmes liés au gel et à l’humidité.
