Quatorze heures et quarante minutes : c’est la durée d’un vol long-courrier Montréal-Tokyo sans escale. Quatorze heures dans un siège de quarante-trois centimètres, dans un air à huit pour cent d’humidité — moins que le Sahara —, à une pression équivalant à deux mille mètres d’altitude.
Ce n’est pas anodin pour le corps, et ce n’est pas une fatalité non plus. Quelques décisions prises avant le départ et une poignée d’habitudes à bord font la différence entre arriver cassé et arriver simplement fatigué.
Voici ce qui compte réellement, du choix du siège à ce qu’il faut mettre dans le sac de cabine.
Ce que fait un vol long à votre corps
- Déshydratation. L’air de cabine est plus sec que celui d’un désert. On perd environ deux cents millilitres d’eau par heure, soit près de trois litres sur un vol de quatorze heures.
- Hypoxie légère. La cabine est pressurisée à l’équivalent de deux mille à deux mille cinq cents mètres. La saturation en oxygène baisse de quelques points, ce qui accentue la fatigue.
- Stase veineuse. L’immobilité prolongée ralentit le retour sanguin des jambes et augmente le risque de thrombose veineuse profonde.
- Œdème. Chevilles et doigts gonflent. Les chaussures serrées deviennent un supplice à l’atterrissage.
- Sécheresse oculaire et nasale, particulièrement pénible avec des lentilles cornéennes.
- Bruit continu autour de quatre-vingt-cinq décibels, qui fatigue plus qu’on ne le croit.
Le choix du siège
| Siège | Avantage | Inconvénient |
|---|---|---|
| Hublot | On dort appuyé, personne ne vous dérange | Il faut déranger pour sortir |
| Couloir | On se lève quand on veut | On est bousculé, on est réveillé |
| Milieu | Aucun | Tous |
| Première rangée de cabine | Espace pour les jambes | Accoudoirs fixes, berceaux pour bébés à proximité |
| Issue de secours | Beaucoup d’espace | Plus froid, dossier souvent non inclinable |
| Dernières rangées | Souvent moins occupées | Proximité des toilettes et des offices |
Évitez la rangée située juste devant une issue de secours : son dossier ne s’incline généralement pas. Et sur un vol de nuit, préférez le côté qui ne sera pas exposé au soleil selon la trajectoire — sur un transatlantique vers l’est, c’est le côté gauche.
Le sac de cabine d’un vol long-courrier
Un sac bien composé change tout. Il n’a pas besoin d’être gros ; il doit être juste.
- Une grande bouteille d’eau vide, remplie après le contrôle. Attendre le chariot toutes les trois heures ne suffit pas.
- Un châle ou un chandail. Les cabines sont froides la nuit et les couvertures fournies sont minces.
- Un masque de sommeil et des bouchons d’oreilles, ou un casque à réduction de bruit.
- Des bas de compression, surtout au-delà de huit heures ou en cas de facteur de risque.
- Des lunettes plutôt que des lentilles, et du lubrifiant oculaire.
- Une brosse à dents — le geste qui fait le plus pour le moral à sept heures du vol.
- De la crème hydratante et un baume à lèvres.
- Des collations que vous aimez : les repas sont servis à des heures qui ne sont pas les vôtres.
- Vos médicaments, une tenue de rechange, et les documents essentiels.
- Une batterie externe : les prises ne fonctionnent pas toujours.

Bouger : la seule précaution non négociable
Le risque de thrombose veineuse profonde augmente avec l’immobilité, la durée du vol et certains facteurs personnels : antécédents, chirurgie récente, grossesse, contraception hormonale, obésité, cancer, âge avancé.
- Levez-vous toutes les deux à trois heures, et marchez une ou deux minutes.
- Faites des flexions de chevilles assis, dix à quinze fois, toutes les demi-heures.
- Portez des bas de compression au-delà de huit heures, ou dès quatre heures en présence de facteurs de risque.
- Ne croisez pas les jambes longuement, et ne gardez pas de sac sous les genoux.
- Hydratez-vous, et limitez l’alcool.
Si vous présentez un facteur de risque, parlez-en à votre médecin avant un vol de plus de huit heures. Les recommandations sont précises et faciles à suivre.
Manger et boire
Le repas servi à bord suit l’horaire de la compagnie, pas le vôtre. Si c’est trois heures du matin à destination, le sauter est souvent le meilleur choix — l’heure des repas est un synchroniseur de l’horloge interne, comme l’explique notre article sur le décalage horaire.
L’alcool mérite d’être dit clairement : un verre en altitude a un effet renforcé, il dégrade la qualité du sommeil, et il aggrave la déshydratation. Un verre au décollage se défend ; trois se paient à l’arrivée.
Les repas spéciaux — végétarien, sans gluten, sans lactose, cachère, halal — se commandent au moins vingt-quatre à quarante-huit heures avant le vol. Ils ont un autre avantage : ils sont souvent servis en premier.
Dormir sur un vol long-courrier
- Décidez d’abord si vous devez dormir, selon l’heure à destination.
- Créez le noir et le silence : masque, bouchons, casque. La lumière de la cabine est le principal obstacle.
- Soutenez la nuque — un coussin en U évite le réveil toutes les vingt minutes quand la tête tombe.
- Attachez la ceinture par-dessus la couverture, pour ne pas être réveillé en cas de turbulence.
- Ne prenez de somnifère qu’après avis médical, jamais avec de l’alcool, et pas sur un vol court.

Voler avec des enfants
- Vol de nuit si possible, il recouvre le sommeil habituel.
- Faire boire ou téter au décollage et à la descente : la déglutition égalise la pression des oreilles.
- Un sac d’activités renouvelé toutes les heures et demie, avec des nouveautés jamais vues.
- Une tenue de rechange pour l’enfant et pour vous — l’expérience parle.
- Le berceau pour les bébés, à réserver dès l’achat du billet : les places en première rangée sont limitées.
L’arrivée
Prévoyez la première journée légère. Sortez à la lumière, mangez aux heures locales, résistez à la sieste longue, et ne planifiez rien qui demande de la concentration ou de longues heures de route.
Un bon itinéraire intègre cette contrainte au lieu de l’ignorer. C’est l’une des différences les plus nettes entre un circuit conçu par quelqu’un qui a fait le trajet et un programme aligné sur une carte.
Questions fréquentes
Faut-il porter des bas de compression en avion ?
C’est recommandé au-delà de huit heures, et dès quatre heures en présence de facteurs de risque — antécédents de thrombose, chirurgie récente, grossesse, contraception hormonale. Ils sont peu coûteux et efficaces.
Quel siège choisir sur un long-courrier ?
Le hublot si votre priorité est de dormir, le couloir si vous comptez boire beaucoup et bouger souvent. Évitez la rangée devant une issue de secours, dont le dossier ne s’incline généralement pas.
Combien d’eau faut-il boire en vol ?
Environ un quart de litre par heure, soit plus de trois litres sur un vol de quatorze heures. Une bouteille d’un litre remplie après le contrôle est le meilleur objet du sac de cabine.
Peut-on prendre un somnifère en avion ?
Seulement après avis médical, jamais avec de l’alcool. Il fait dormir mais ne déplace pas l’horloge interne, et l’immobilité prolongée qu’il favorise augmente le risque de thrombose.
Comment soulager les oreilles à la descente ?
Déglutir, bâiller, mâcher une gomme, ou souffler doucement nez pincé et bouche fermée. Pour un bébé, le biberon ou la tétée à la descente règle presque toujours le problème.
Faut-il manger tous les repas servis ?
Non. Manger à une heure qui n’est ni celle du départ ni celle de l’arrivée désynchronise l’horloge interne. Sautez le repas qui tombe au milieu de la nuit à destination.
Un repas spécial est-il un avantage ?
Souvent, oui : il est généralement servi avant les autres. Il se commande au moins vingt-quatre à quarante-huit heures avant le vol.
L’escale vaut-elle mieux qu’un vol long-courrier direct ?
Pour beaucoup de gens, oui : deux segments de sept heures avec deux heures de marche entre les deux se supportent mieux que quatorze heures d’affilée. C’est un critère de confort réel, pas seulement de prix.
