Un voyage au Vietnam offre probablement le meilleur rapport entre ce qu’on dépense et ce qu’on vit. Un hôtel de charme à soixante dollars, un repas mémorable à trois, un chauffeur privé à la journée pour le prix d’un souper à Montréal — et un pays d’une densité de paysages et d’histoires peu commune.
Le pays s’étire sur seize cents kilomètres du nord au sud, ce qui a une conséquence pratique décisive : il n’y a pas une saison au Vietnam, il y en a trois, et elles ne coïncident pas.
Le climat : trois pays en un
| Période | Nord (Hanoï, Sapa, Ha Long) | Centre (Hué, Hoi An) | Sud (Saïgon, delta) |
|---|---|---|---|
| Décembre – février | Frais, parfois brumeux | Sec et doux | Sec, chaud, idéal |
| Mars – avril | Idéal | Idéal | Chaud et sec |
| Mai – août | Chaud et humide, pluies | Chaud, sec en juin-juillet | Mousson, averses quotidiennes |
| Septembre – novembre | Excellent en octobre-novembre | Typhons et inondations | Fin de mousson |

L’itinéraire
Seize à vingt et un jours pour traverser le pays sans courir. Douze jours obligent à choisir une moitié.
- Hanoï, 3 nuits. Le vieux quartier, les lacs, la cuisine de rue — le petit-déjeuner de rue à six heures est l’un des grands moments du voyage.
- Baie d’Ha Long ou Lan Ha, 1 à 2 nuits à bord d’une jonque. Lan Ha est nettement moins fréquentée.
- Sapa ou Ha Giang, 2 à 3 nuits. Rizières en terrasses, minorités ethniques, montagnes. Ha Giang est plus sauvage et moins touristique.
- Hué, 2 nuits. La cité impériale, les tombeaux, la rivière des Parfums.
- Hoi An, 3 nuits. Ville ancienne préservée, tailleurs, plage, cuisine. Le cœur sentimental du voyage pour beaucoup.
- Saïgon, 2 nuits, et le delta du Mékong en excursion de deux jours.
Combien coûte un voyage au Vietnam
50 à 80 $ par jour en mode modeste, 110 à 190 $ en confortable, hébergement compris. C’est une destination où le niveau confortable ouvre des portes qu’il n’ouvre nulle part ailleurs : hôtel de caractère, chauffeur privé, guide francophone.
Le vol depuis Montréal reste le poste principal : dix-huit à vingt-quatre heures avec une ou deux correspondances.

Formalités
Un citoyen canadien a besoin d’un visa électronique pour le Vietnam, à demander avant le départ sur le portail officiel vietnamien — jamais sur un site intermédiaire. Comptez trois à cinq jours ouvrables et vérifiez la durée et le nombre d’entrées autorisées, qui sont plus courtes qu’on ne l’imagine.
Passeport valide six mois après l’entrée, avec des pages vierges. Les conditions à jour figurent sur la fiche du Vietnam sur voyage.gc.ca, seule source qui fasse foi.
Santé
- Hépatite A et typhoïde recommandées.
- Encéphalite japonaise pour les séjours ruraux prolongés.
- Paludisme : risque faible dans les zones touristiques, présent dans certaines régions rurales. À discuter en clinique.
- Dengue : protection anti-moustique jour et nuit, sans vaccin courant.
- Eau embouteillée exclusivement. Les glaçons des établissements sérieux sont faits d’eau traitée ; ceux de la rue, moins sûrement.
- Circulation : la traversée des rues de Hanoï et Saïgon est un art. On avance lentement et régulièrement ; les scooters vous contournent. Ne courez jamais.
La table
C’est l’une des grandes cuisines du monde, et elle se mange dans la rue. Le phở du matin, le bánh mì hérité de la boulangerie française, les herbes fraîches à profusion, le café glacé au lait concentré, le bún chả de Hanoï.
La règle du stand bondé s’applique parfaitement : un tabouret de plastique, une file d’habitués, un plat cuit devant vous. C’est là qu’on mange le mieux, pour deux dollars.
Se déplacer : du nord au sud, en sautant les longs trajets
Le Vietnam s’étire sur 1 650 kilomètres. Le train de la Réunification met trente-cinq heures d’un bout à l’autre : les vols intérieurs sont la bonne réponse pour les grands sauts, le train et la voiture pour les étapes.
- Les vols intérieurs Hanoï-Danang-Hô Chi Minh-Ville coûtent peu et libèrent des journées entières.
- Le train de nuit Hanoï-Lao Cai, vers Sapa, est une étape agréable et pratique.
- La voiture avec chauffeur est abordable et nettement préférable à la conduite autonome en ville.
- Le scooter est le mode de transport national, mais la circulation de Hanoï et de Saïgon n’est pas un terrain d’apprentissage.
- Les bateaux dans la baie d’Ha Long et le delta du Mékong se réservent à l’avance en haute saison.
Combien prévoir, par personne et par jour
| Poste | Économique | Confortable |
|---|---|---|
| Hébergement | 25 à 50 $ | 110 à 250 $ |
| Repas | 12 à 25 $ | 45 à 90 $ |
| Transport intérieur | 20 à 40 $ | 70 à 130 $ |
| Guides et excursions | 15 à 30 $ | 70 à 150 $ |
Questions fréquentes
Quand partir au Vietnam ?
Mars-avril ou octobre-novembre : ce sont les deux fenêtres où le nord, le centre et le sud sont corrects en même temps.
Faut-il un visa ?
Oui, un visa électronique à demander avant le départ sur le portail officiel vietnamien. Comptez trois à cinq jours ouvrables et vérifiez la durée autorisée.
Combien de jours pour un voyage au Vietnam ?
Seize à vingt et un pour traverser le pays sans courir. Douze jours obligent à choisir une moitié — le nord ou le sud.
Train ou avion à l’intérieur ?
L’avion pour les longues distances — moins de cent dollars, deux journées gagnées — et le train pour le segment côtier Hué–Da Nang, l’un des plus beaux d’Asie.
Le Vietnam est-il bon marché ?
Parmi les meilleurs rapports qualité-prix du monde : cinquante à quatre-vingts dollars par jour en mode modeste, hébergement compris.
Peut-on manger dans la rue ?
C’est là qu’on mange le mieux, à condition de choisir les stands fréquentés où le plat est cuit devant vous. Méfiez-vous du tiède, pas du piquant.
Comment traverser la rue ?
Lentement et régulièrement, sans s’arrêter et sans courir. Les scooters anticipent votre trajectoire et vous contournent. C’est déroutant les deux premiers jours.
Faut-il un guide ?
Pas partout, mais un guide francophone pour Hué, le delta ou les régions montagneuses change complètement la compréhension de ce qu’on voit.
Faut-il conduire un scooter ?
Pas dans les grandes villes. Dans les campagnes et sur les petites routes, c’est une expérience, à condition d’être assuré — ce qui est rarement le cas.
